Netflix mettra en ligne Toutes les chambres vides (All the Empty Rooms) le 1er décembre 2025, à un moment de l’année où la plateforme diffuse souvent des films qui interrogent la mémoire collective et les angles morts du récit national américain. Ce court-métrage de 32 minutes, déjà remarqué en festivals, ne cherche pas à choquer ni à moraliser. Il choisit un territoire plus intime : celui des chambres d’enfants qui ne sont plus là, figées dans un quotidien interrompu par une fusillade scolaire.

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Le film se tient dans un espace délicat, entre le documentaire d’observation et le geste de mémoire. Avant son arrivée sur la plateforme, il circule déjà dans les grands festivals nord-américains, où il s’est distingué par la sobriété de sa mise en scène et la force silencieuse de son sujet.

Le voyage de deux hommes pour raconter ce que les mots ne disent plus

Réalisé et produit par Joshua Seftel, déjà nommé aux Oscars pour Stranger at the Gate, le film suit le journaliste Steve Hartman et le photographe Lou Bopp au cours d’un projet qui s’étend sur sept ans. Leur mission est simple et concrète : traverser les États-Unis pour photographier les chambres d’enfants tués lors de fusillades scolaires. Ces pièces, laissées telles qu’elles étaient le dernier jour, deviennent des lieux de mémoire où chaque objet raconte une histoire interrompue.

Le court-métrage, qui refuse les débats frontaux, s’attache aux gestes et aux silences. Les familles n’effacent rien : posters, jouets, vêtements, carnets… autant d’éléments qui rappellent que ces espaces sont des paysages intérieurs, immobilisés par un événement qui ne devrait pas exister. Le film prend le temps de regarder ces chambres, sans les transformer en symbole, mais en les laissant témoigner.

 

Un film soutenu par Malala Yousafzai, ancré dans une démarche de réparation

Le documentaire bénéficie d’un soutien fort : il est coproduit par la prix Nobel de la Paix Malala Yousafzai et le Dr. Conrad Fischer. Leur présence rappelle que le sujet excède la politique américaine. Pour eux, et pour Seftel, le film n’ouvre pas un débat mais une conversation sur l’empathie, la responsabilité collective et la manière dont une société choisit de regarder ses pertes.

La page de présentation du documentaire sur Filmmakers Collaborative souligne que “les armes à feu sont désormais la première cause de mortalité chez les enfants aux États-Unis”. Toutes les chambres vides ne cherche pas à démontrer une thèse : il montre des vies et des lieux figés, et laisse aux spectateurs la responsabilité de décider ce qu’ils veulent en faire.

Un parcours remarqué en festivals avant Netflix

Le film a fait sa première mondiale au Telluride Film Festival le 31 août 2025, avant d’être présenté au Toronto International Film Festival le 10 septembre dans la section Short Cuts. Il a ensuite continué son parcours au Chagrin Documentary Film Festival et a remporté un prix au Hamptons International Film Festival, où il a reçu le Subject Matter Award.

Netflix a acquis les droits avant sa tournée de festivals, confirmant son intérêt pour les récits courts capables de toucher un large public sans formatage narratif. Le documentaire arrive donc sur la plateforme avec une réputation déjà installée, portée par des critiques soulignant son approche sensible, son absence d’artifice et son refus du spectaculaire.