Vous êtes à la recherche d’une série qui sort de l’ordinaire, avec un univers singulier ? Ne cherchez pas plus longtemps, nous avons trouvé pour vous la nouvelle pépite française disponible en ce moment sur Netflix : Mytho.

Un programme Arte acheté par Netflix

Réalisé par Fabrice Gobert (dont on a déjà pu mesurer le génie dans la série Les Revenants), Mytho a fait ses gammes  le 3 octobre dernier sur Arte et a déjà remporté deux prix au prestigieux festival Séries Mania. C’est donc forts de cette fabuleuse reconnaissance et de la distribution qui compte parmi elle de très nombreux talents (Mathieu Demy et surtout Marina Hands), que nous nous sommes lancé tête baissée dans la lecture de cette comédie dramatique dont le synopsis avait tout pour attiser notre curiosité.

 

Une photographie à l’américaine

gregory crewdson mytho 300x200 Mytho : un crabe et sa farce aux mensonges sinvitent à la table Netflix (critique)
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L’univers étrange et inquiétant des banlieues parfaites de Gregory Crewdson

Tout d’abord Mytho est une série picturale et esthétique  : elle s’ouvre d’ailleurs sur un plan particulièrement réussi où l’on voit se développer sous nos yeux la vie paisible d’habitants d’une banlieue pavillonnaire aseptisée. Maître dans l’art des travellings, Fabrice Gobert parvient à construire des tableaux dignes de Denis Hopper ou bien encore des photographies de Gregory Crewdson. Parlant de photographie, celle-ci constitue un personnage à part entière qui créer tout au long de la série une tension entre le bien être et le malaise.

Un crabe en guise de plat de résistance

Au départ, tout commence comme une comédie, il y a des rires, des pleurs, des accros…  puis, très vite les fêlures  prennent le dessus. Car si les membres de la famille semblent parfaitement s’accomoder de leur routine ce n’est plus le cas d’Elvira, mère de famille débordée, qui, par le truchement des tâches domestiques,  finit par devenir l’ombre d’elle même. Lasse de n’exister aux yeux de personne, elle s’invente une maladie, début d’une imposture qui va grossir  d’épisodes en épisodes telle une tumeur et qui va finir par totalement lui échapper. Ce mensonge va ainsi agir en véritable baume pour sa vie de famille, ce qui le rendra d’autant plus nécessaire et vicieux.

Des personnages habilement traités sans caricature ni pathos

Et puis, ce mensonge ne sera bientôt plus sien. Chaque membre de la famille va se l’approprier soignant par là même leurs propres blessures ou (ironie du sort) leur propre faux semblants. Car si l’histoire se centre autour d’Elivra, elle met aussi en orbite d’autres satellites.  Entre un mari volage qui peine à trouver sa juste place entre l’homme et le père, un fils qui voudrait être une fille, une fille aux comportements  franchement bordeline, une benjamine qui absorbe tout le stress de la famille, le tableau est dressé, mais habilement dressé. Jamais l’on ne tombe dans la caricature, le cliché ou pire encore dans le pathos. Au contraire l’on s’étonne de la justesse du jeu, des émotions et de toute l’humanité qui en émane.

Une saison 2 qui creusera probablement plus en profondeur dans l’histoire d’Elvira

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Pour conclure, si les derniers épisodes semblent trouver un rythme de croisière plus lent (mais aussi plus inquiétant), ils n’en demeure pas moins intéressants et laissent entrevoir, par l’introduction d’une sous-intrigue,  une saison 2 encore riche en rebondissements. La suite devrait donc se risquer à creuser encore plus profond dans la mytho-logie familiale. Mais pour cela il faudra être encore un peu patient : le tournage de la saison 2 ne débutera qu’en janvier 2020.