Un fugitif international, et une fake news

La date précise de l’évasion de Carlos Ghosn du Japon pour se rendre au Liban n’est pas précisément connue. Pas plus que les péripéties qui ne doivent pas manque d’émailler cette histoire rocambolesque. En tous les cas, le Japon diffuse une notice rouge qui fait de l’ancien patron de l’alliance Nissan-Renault-Mitsubishi un fugitif international recherché par Interpol le 2 janvier 2020. Et le journal Le Monde prend l’initiative le 3 janvier d’annoncer un achat des droit sur l’histoire de Carlos Ghosn, en vue de la réalisation d’un documentaire. Mais l’article a été supprimé depuis et c’est BFM qui a démenti cette annonce dans un article daté du 8 janvier. Au Monde, quand on se trompe, on ne dément pas, on tente de cacher sous le tapis son erreur, en espérant que les lecteurs regarderont ailleurs… Curieuse éthique journalistique.

 

Le documentaire existera peut-être, malgré tout

Mais ce que nous révèle l’article de BFM, et c’est bien plus intéressant, c’est qu’un producteur serait intéressé par l’histoire de Carlos Ghosn. Ce documentaire, s’il est produit, sera peut-être l’occasion de faire al lumière sur la manière dont le magnat de l’automobile a pu discrètement quitter le Japon, en pleine tempête médiatique. Cela semble effectivement énorme à avaler qu’il ait pu si facilement partir et quitter un pays où il est identifier comme l’ennemi public numéro 1. Nous pouvons aisément imaginer que la production d’un tel documentaire devra attendre la cloture des poursuites en cours pour être publié. Car Carlos Ghosn n’est pas à l’abri d’un transfert de son dossier judiciaire de Tokyo à Beyrouth au cours de l’année 2020. Les poursuites seraient alors conduites par le Liban.

 

Carlos Ghosn, Netflix

 

Une vie bien remplie

Un tel documentaire ne manquerait pas de matière tant la vie de Carlos Ghosn est riche en évènements, commençant sa vie au Brésil pour la continuer au Liban puis démarrer sa carrière professionnelle en France où il devient le chef d’entreprise décoré de multiples fois que l’on connaît. Au-delà des charges qui pèsent sur lui et dans l’incapacité d’évaluer la véracité des allégations qui sont portées à son encontre, nous ne pouvons que constater sa réussite objective dans la conduite de ses affaires. La profitabilité de l’alliance Nissan-Renault-Mitsubishi étant au beau-fixe depuis qu’il en a pris la direction en 2000.

 

Nous pouvons donc constater que les cas d’infraction à la loi demeurent une source d’inspiration inépuisable pour les scénaristes. Cette raison est certainement à trouver dans notre fascination pour les francs-tireurs en tous genres !